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Interview de la chanteuse Dans ma chair est votre quatrième album studio. A vos débuts, on vous a surtout définie par rapport à votre voix. Par votre look sur la pochette et le titre, avez-vous voulu montrer que Patricia Kaas n'est pas seulement une voix mais aussi un corps ? |
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Quand j' ai débuté ma carrière, c' est vrai qu'on a surtout parlé de ma voix. Je préfère ça d'ailleurs à ce qu'on ait craqué seulement pour mes yeux bleus. Mais depuis, les années ont passé et aujourd'hui, je me sens mieux dans ma peau. Aussi, j'avais déjà adopté ce look avant la sortie du disque. J'admets qu'il est mode, mais ça fait dix ans que je vis à Paris et que je m'intéresse aux tendances vestimentaires. Par conséquent, cette image, ce look n'ont pas étés calculés pour les besoins de l'album.
Une grande majorité des chansons sont des adaptations de titres américains. Comment avez-vous effectué ce choix?
Habituellement, je recherche dans un premier temps les musiques, pensant toujours que les paroles peuvent changer, évoluer. J'ai fait appel à des éditeurs français et étrangers. Et si je n'ai pas retenu beaucoup de chansons françaises, c'est simplemement parce que... je les aimais moins. Les morceaux des compositeurs anglo-saxons, Diane Warren ou Lyle Lovett, m'ont vraiment emballée. Puis j'ai contacté des auteurs français avec qui j'avais envie de collaborer - ou déjà travaillé - tels que jean-Jacques Goldman, jean Fauque, Philippe Bergman, Zazie, pour adapter ces chansons. Contrairement à mon album précédent, "Je te dis" vous, où j'avais longuement parlé aux auteurs de ce que je voulais chanter, je leur ai laissé une entière liberté. Quand je travaille avec quelqu'un comme jean-Jacques Goldman ou Philippe (Ndir: son compagnon), je n'ai pas lieu de m'inquiéter ; ils me connaissent si bien que leurs textes me correspondent de toute façon. Jean-Jacques a adapté deux chansons (Quand j'ai peur de tout, je me souviens de rien) et m'en a écrit une Je voudrais la connaître). De son coté, Philippe a fait trois adaptations (Chanson simple, J'ai tout quitté pour toi, Sans toi).
Le tandem Didier Barbelivien et François Bernheim, auteur et compositeur de vos premiers titres, n'apparait plus que pour un morceau (Je sais). Leur écriture vous correspond-elle moins ?
Ils m'ont proposé d'autres titres qui, malheureusement, ne correspondaient pas à ce que j'avais envie de chanter. Je ne peux pas reprendre pendant dix ou vingt ans les thèmes de mon premier album; j'étais alors une adolescente, J'ai conscience de la difficulté pour un auteur, présent depuis le début, de grandir avec une chanteuse. Si une partie de mon public pense que mon répertoire a beaucoup évolué, moi, je ne peux avoir la même impression, le même recul, puisque j'ai vécu cette évolution de l'intèrieur.
Barbelivien et Bernheim vous avaient-ils façonné une image blues, cabaret, qui est peut-être dépassée aujourd'hui ?
Blues, je ne sais pas... ça venait surtout de la chanson Mademoiselle chan te le blues et parfois il y avait quelques réf\érences à cette musique dans les arrangements. Mais c'était plus de la variété jouée avec des intonations blues. En réalité, je n'ai pas d'a priori sur les musiques. Je peux craquer sur une chanson comme Dans ma chair qui est loin de ce qu'on peut connaître de moi, J'ai tout quitté pour toi où mes intonations de voix sont assez rauques, Fais moi l'amitié, un titre très blues, et chanter L'Amour devant la mer (Kopf/ Amsellem) typiquement dans la tradition de la chanson française. Pourquoi se priver de ça ? La seule règle en musique est queça vous plaise. Ensuite, on imagine àtravers l'interprétation et les arrangements comment rendre tous ces titres homogènes les uns par rapport aux autres.
Après Robin Millar, r\éalisateur de je te dis vous, vous avez fait appel à Phil Ramone pour Dans ma chair. Qui a choisi ce producteur de légende ?
J'ai rencontré Phil Ramone parce qu'on avait commencé à travailler ensemble sur un album anglais. A l'époque, on m'avait proposé de travailler avec lui. Et j'avais accepté car j'avais été séduite par son travail avec Sinead O'Connor. Le temps passait, nous avions mis l'album anglais en stand by, et nous nous sommes attelés à l'album français, tout en continuant de travailler avec Phil Ramone. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Dans ma chair a été enregistré à New York. Ce n'était pas par snobisme, car les studios américains ne sont pas meilleurs qu'en France, mais je voulais avoir ce son qui a fait la légende de Phil. Il m'avait dit : "Pour avoir mon son, il faut enregistrer avec mon équipe, mes musiciens, et c'est à New York que ça se passe.' D'ailleurs, je voudrais la connaître, Fais-moi l'amitié, la voix de je me souviens de rien ont été enregistrés en France.
Vous êtes créditée comme réalisatrice. Vous êtes-vous découvert un nouveau talent ?
J'ai apporté énormément d'idées sur chacune des chansons, fait les mixes avec l'ingénieur du son, dirigé mes voix. C'est Phil qui a demandé qu'on me crédite comme réalisatrice, ça lui paraissait tout à fait normal.
La dernière plage de l'album est un duo avec James Taylor, Dont Let Me Be Lonely Tonight. Comment s'est passée la rencontre ?
Du fait de sa notoriété et de ses relations, Phil Ramone m'a proposé de chanter en duo avec James Taylor. Autant dire que je n'y croyais pas. Pour moi, c'était comme jouer avec Eric Clapton. Pourquoi James Taylor accepterait-il de chanter avec une Française ? En le rencontrant, j'ai découvert qu'il parlait français , qu'il se tenait parfaitement au courant des courants musicaux en France. Pour l'enregistrement, on a été pris par le temps, on a donc choisi une chanson de son répertoire. Ce fut une très belle expérience. On a convié James à Bercy en février prochain, espérons qu'il répondra à notre invitation.
Cette année, votre premier succés Mademoiselle chante le blues a dix ans. Pouvez-vous nous parler des années qui ont précédé ce succés ? Vous êtes née en Lorraine le 5 décembre 1966.
Oui, mon père était mineur de fond et ma mère allemande. J'ai commencé à chanter à huit ans, et dès neuf ans, j'avais un groupe avec lequel je jouais le samedi soir, sans obligation ni cachet. A l'époque, c'était plus un jeu qui rapidement est devenu une passion, comme un besoin. Tous les bals, les cabarets que j'ai faits là bas ont été ma meilleure école de scène, et ce sont ces années qui ont forgé ma personnalité. Je ne veux pas qu'on pense que j'ai mis une croix sur cette époque, au contraire.
De quoi était composé le répertoire ?
En général, dans les bals du samedi soir, les gens veulent entendre les succès radio. Nous habitions sur la frontière allemande et je chantais donc naturellement autant la variété allemande que la variété française, Claude François, Sylvie Vartan, Sheila. En 1979, vous vous produisez au Rumpeikammer à Sarrebrück. C'est là qu'en 1983 vous rencontrez Bernard Schwartz, un architecte qui deviendra votre producteur.
Que vous a-t-il apporté?
Bernard Schwartz avait réussi à m'obtenir un rendez-vous dans une maison de disques, Phonogram à l'époque. J'avais 17 ans. Le directeur artistique qui m'avait auditionnée (Ndlr: Joël Cartigny) connaissait François Bernheim qui lui-même était un ami de la famille Depardieu. Bernheim leur avait demandé de m'écouter. Gérard Depardieu lui avait dit que ma personnalité lui plaisait et s'était engagé à produire financièrement mon premier disque jalouse duquel François avait composé la musique et Elisabeth Depardieu écrit les paroles. Ce 45t avait été distribué par EMI.
Quel accueil a reçu ce premier 45t ?
Ce disque n'a pas rencontré le succès. Je dois avouer que j'étais quelque peu déçue du métier ; je m'en faisais une autre image. J'avais été élevée dans une famille modeste dans laquelle l'amour et l'honnêteté étaient des valeurs fondamentales. Je ne les ressentais pas dans ce métier. Je m'étais donc résolue à retourner chanter dans des bals du samedi soir, en attendant de voir ce que la vie me réserverait. C'est à ce moment-là que ma mère est tombée malade. Elle m'avait dit qu'elle souhaitait par-dessus tout me voir grande' Ses mots m'ont décidé à me battre, à être à la hauteur de l'ambition qu'elle avait pour moi. je me suis prise en main, suis remontée àParis et là, j'ai rencontré Didier Barbelivien. Il avait Mademoiselle chante le blues dans un tiroir. Il me la proposée. Au début, les médias n'ont pas craqué, pas assez commercial selon eux. je me suis accrochée en donnant énormément d'interviews, en allant dans les radios demander aux programmateurs de passer mon disque. Le public a suivi, il appelait les radios et leur demandait de rediffuser la chanson. La volonté que je déployais a du motiver les gens qui travaillaient avec moi. Puis Bernard Schwartz a produit financièrement mon premier album Mademoiselle chante le blues (1988, Prix de l'académie Charles Cros). Avec le recul, ça paraiit simple, mais tout ça a pris du temps...
Pour votre deuxième album Scènes de vie en 1990, vous changez de maison de disque et de management.
Bernard Schwartz n'avait pasété formé pour être manager. Il venait d'Alsace où il exerçait le métier d'architecte. J'avais rencontré Cyril Prieur en 1987 et on a commencé à travailler ensemble dès la fin de mon premier album. Le changement de maison de disques a été compliqué un procés, un moment douloureux. Le problème, c'est que j'avais déjà commencé à enregistrer mon deuxième album car j'avais besoin de chansons pour ma première tournée en 1990.
Qu'est-ce qui vous opposait à Polydor ?
Je n'avais rien contre Polydor France, c'était plutot contre le groupe Polygram à l'étranger que j'avais des griefs. Je voulais exporter ma musique et ils ne se montraient pas très motivés. Mon premier album avait un peu marché dans les pays francophones, en Belgique, Suisse, Canada, Québec où j'avais fait de la promo. Pour mon deuxième album, je souhaitais m'imposer en Allemagne, à cause de ma mère. Quand chez Polygram, on me répétait: "Ca ne marchera jamais, oublie", chez CBS on me tenait un tout autre discours. Ils me montraient des feuilles avec des objectifs à atteindre qu'ils ont tenus d'ailleurs. De plus, CBS était une maison de disques d'une envergure plus importante à l'étranger.
En 1990, tout juste avant la sortie de Scènes de vie, vous faites une tournée internationale de seize mois traversant seize pays. Qu'est-ce qui vous motivait ?
La scène a toujours été essentielle à mes yeux. D'ailleurs, quand j'ai fait mes premières télés en play-back, je ne savais comment me débrouiller: j'avais toujours été habituée à jouer live avec des musiciens. Lors de cette première tournée mondiale, mon deuxième album n'était pas encore sorti, j'avais décidé de le présenter sur scè8ne. Il y a eu 220 concerts, c'était trop, j'en suis sortie épuisée. Pour ma deuxième tournée mondiale en 1993 (Ndir : et un live, Tour de charme), j'ai modéré.
Après le succès de Madame chante le blues (un million d'exemplaires) qui vous vaut une Victoire de la musique (Révélation féminine), Scènes de vie reprend la mêmeéquipe (Les hommes qui passent) et aussi un texte d'Elisabeth Depardieu pour Kennedy Rose.
Elisabeth m'avait également écrit Vénus des Abribus sur Madame chante le blues. A cette époque, en 1990, j'ai commencé à diversifier mes auteurs: Joêlle Kopf m'avait donné Tropic Blues Bar, Franck Langolff m'avait composé Bessie. Je n'étais pas sous contrat avec Didier Barbelivien et François Bernheim, et je ne voulais pas être contrainte de ne chanter que leurs oeuvres. Ce qui m'importait avant tout c'était d'avoir de bonnes chansons. Pourtant, je leur étais fidèle, car ce sont des gens que j'ai toujours respectés.
Avec Scènes de vie vous faites six dates à guichet fermé au Zénith en 1990...
Ce Zénith s'inscrivait dans le cadre de ma tournée (Ndlr : Carnets de scène sera le live). Il avait été précédé en février d'une semaine où je m'étais produite à l'Olympia (Ndlr : complet quatre mois à l'avance) et suivi de ma participation à la Fête de l'humanité en septembre. J'avais fait venir ma famille en bus pour m'écouter.
Avec cet album, grâce auquel vous serez récompensée par une deuxième Victoire de la musique (Album ayant vendu Le plus de disques à l'étranger), vous asseyez votre popularité à l'étranger.
Oui, ce deuxième album m'a donné plus d'ouvertures sur le monde. Mais pour que ça marche, il faut se rendre régulièrement sur place et peu d'artistes français se déplacent pour faire de la promotion à l'étranger. Dans certains pays, on ne gagne pas d'argent, c'est par plaisir qu'on s'y rend ou pour découvrir de nouvelles contrées. Je me suis rendue, par exemple, au Cambodge, au Vietnam et à plusieurs reprises en URSS, un pays pauvre où il ne faut pas espérer gagner d'argent ou vendre des disques. J'avais fait une télé française en direct de Moscou, en conséquence de quoi, on m'a invité à faire des shows. J'ai été tellement touchée par le peuple russe que j'y suis retournée. Pas plus loin qu'il y a quelques jours, j'ai joué pendant vingt minutes piano-voix à Moscou pour les 850 ans de la ville. Il n'y avait que des invités, des politiciens dont Boris Eltsine, des spectacteurs assez riches donc difficiles à faire bouger. Quand on arrive à relever ce défi, tout le reste parait très facile.
En gagnant une renommée internationale, on vous surnomme, peut-être hativement, "la nouvelle Piaf'.
Cela ne me génait pas dans la mesure où son nom était associé à une carrière internationale, comme ce fut le cas pour Jacques Brel ou Maurice Chevalier. En revanche, je ne me retrouvais pas dans sa voix. Je désirais plus m'affirmer que devenir une seconde Edith Piaf.
Pourtant en 1992, vous reprenez La Vie en rose sur l'album Urgence pour la lutte contre le sida. C'était un clin d'oeil ?
A cette époque, Piaf était très médiatisée. Et même si j'étais issue d'une famille modeste, je n'avais tout de même pas vécu son histoire, une histoire noire puisqu'elle avait dès son plus jeune âge chanté dans la rue. En comparaison, je me suis rendu compte que je n'avais pas été si malheureuse que ça. Quand on m'a proposé de participer à ce disque, l'idée était que chaque artiste propose une chanson inédite de son répertoire. Je me suis demandé laquelle pourrait avoir le maximum d'impact et générer de grandes ventes. La Vie en rose est venue comme ça. D'ailleurs, pour ma prochaine tournée, en janvier, je l'incluerai pour la première fois à mon tour de chant en France. Car je l'ai déjà chantée lors de ma deuxième tournée mondiale au Japon. J'étais malade, ma voix était tellement mauvaise que je n'avais pu leur chanter des titre comme "Il me dit que je suis belle. Pour me faire pardonner, je leur avais offert en rappel "La Vie en rose".
En 1993, vous sortez votre troisième album studio "Je te dis vous". Barbelivien et Bernheim vous écrivent le premier single "Entrer dans la lumière. C'est étonnant de voir à quel point ce texte semble coller à votre personnalité.
C'est un texte magnifique. Didier m'en a écrit de très beaux d'ailleurs comme "D'Allemagne", "Les hommes qui passent", "Dernière Semaine à New York", et puis il m'en a fait de plus simples comme "Mon Mec à moi", mais qui touchent le public. Pour "Entrer dans la lumière", je lui avais demandé un texte qui raconterait ma première scène. Mais je voulais à tout prix éviter les clichés "De New York à Tokyo", 'De Tokyo à Paris". A la base, c'était une chanson guitare-voix très courte. Nous étions à Londres avec Robin Millar, et il aimait tellement la mélodie qu'il a voulu en faire une vraie chanson, arrangée avec du gospel etc. J'aime la beauté et la simplicité de ce texte. Si un jour, j'en écris un, j'aimerais qu'il ressemble à celui-ci.
Cette chanson est-elle comme une sorte de constat sur votre carrière, votre vie privée ?
Oui. Mais le déclic m'est venu quand nous enregistrions à Londres. Personne ne me connais en Angleterre et quand on m'abordait dans un café ou qu'un garçon se retournait sur moi dans la rue, ce n'était pas pour ma popularité. J'ai pris conscience que j'étais une fille et pas seulement une voix. C'est difficile à expliquer... Le succès était venu si rapidement et dans des proportions démesurées. Quand on est dans le succès, on ne pense qu'à avancer. C'est vers cette époque que ma mère est décédée. J'étais très proche d'elle, je me suis soudainement retrouvée seule. Pour moi, la seule issue était de continuer à avancer, de m'oublier dans ce tourbillon. La pochette vous montre sous un jour nouveau...
La pochette vous montre sous un jour nouveau..
Oui, et d'ailleurs après l'étiquette Piaf, on m'a collé l'étiquette Marlène Dietrich. On vit à travers ces images et au fil du temps on se rend compte qu'elles ne nous correspondent pas physiquement. A cette époque, j'ai pris conscience de moi, je me suis demandée pourquoi je renvoyais l'image de quelqu'un de timide, la tête baissée, sophistiquée, faisant plus âgée.
Sur cet album, Goldman vous écrit "Il me dit que je suis belle". Le clip qui accompagne la chanson est très sensuel. On est loin de la Patricia Kaas des débuts...
C'est la première fois que j'ai choqué. C'est vrai que je me sentais mieux et quand on m'a proposé de faire un clip sensuel - et non sexy, on ne me voyait pas nue -, j'ai naturellement accepté.
La chanson "Reste sur moi" est classée dans les charts britannique et américain. Pourquoi ne pas avoir continué la collaboration avec le tandem Lavoine/Aboulker ?
Elle a eu un succès aux Etats-Unis et en Angleterre dans les clubs. Je ne l'avais pas défendue en tant que single, c'était plus un clin d'oeil de musique dance que j'avais inclus au milieu des autres chansons de "Je te dis vous", car j'aime aller en boite. Si je n'ai pas poursuivi l'expèrience avec Marc Lavoine, c'est simplement parce que lorsqu'on écrit une chanson pour quelqu'un, on ne la reprend pas à son tour... Deux-trois ans après, quand Lavoine l'a sortie, je n'ai pas trouvé ça génial, mais ça s'arrête là, je n'ai aucune animosité contre lui.
Pourquoi avoir repris It's A Man's Man's Man's World ?
C'est la dernière chanson qu'on a enregistrée et j'avais demandé à Robin Millar son avis sur une reprise. Je lui avais avoué mes goûts pour James Brown. L'idée l'a excité : "Une fille française qui chante "A Mans Mans Mans Worid", c'est super ! ", ça fait partie des imprévus comme la présence de Chris Rea sur cet album.
Parlons de vos projets et de votre album en anglais. Où en êtes-vous ?
On a fait ce premier projet d'album en anglais sur lequel j'avais repris Black Coffee. Je ne crois pas qu'on la gardera sur disque, en revanche, sur scène, il se peut que je la fasse. Il y a une reprise de Rickie Lee Jones que j'ai déjà ajoutée en deuxième titre du single "Quand j'ai peur de tout".
On a évoqué pour cet album un son dans L'ambiance de Mamive Attack et Portishead..
De toute façon, c'est la musique que j'aime écouter à la maison. Mais quand je lis dans la presse que j'écoute Tricky, ce n'est pas vrai, c'est trop branché pour moi.
De quoi sera constitué votre spectacle à Bercy en février prochain ?
Je jouerai mon dernier album, plus les incontournables, Mon Mec à moi, Mademoiselle chante le blues, La Vie en rose. On vous a vue en duo avec Cabrel pour la dernière de L'Olympia.
C'était important pour vous de jouer une dernière fois sur cette scène où vous avez fait une de vos premières prestations en première partie de Julie Pietri en 1987 ?
Ce n'était pas génial mais il fallait marquer le coup et c'était l'occasion de chanter avec Francis Cabrel dont je suis fan.
Dans ma Chair a été enregistré avec des compositeurs anglo-saxons, vous préparez un album en anglais... C'est étrange de constater que vous êtes La chanteuse française la plus connue à L'étranger et, qu'en même temps, vous semblez être restée très attachée à vos racines.
Ca me dérange qu'en ce moment on ne parle que du fait que j'ai enregistré aux Etats-Unis, comme si j'avais quitté la France. On ne parle que de ça dans les médias, comme si j'étais devenue quelqu'un d'autre, lointaine. Je crois que "Dans ma chair" a simplement besoin d'un peu de temps pour s'imposer.
Propos recueillis le 15 septembre 1997